Analyse du budget fédéral 2009
Québec, ce 27 janvier 2009
Le gouvernement conservateur propose un plan de relance de 33,5 milliards en 2 ans, qui allié aux baisses de revenu de 30,2 G$ occasionnés par la récession, augmenteront la dette fédérale de 63,5 G$, annihilant la réduction de la dette de 60 milliards de ces dernières années. La situation déficitaire devrait se poursuivre sur les 2 années suivantes (20,3 G$ d’endettement accru).
Nous considérons souhaitable la hausse des prestations pour enfants et pour revenu de travail, ainsi que la hausse du crédit pour ainés, mais les baisses d’impôts sur le revenu des particuliers mieux nantis et sur les profits des entreprises sont pour nous malvenues car elles ne font qu’accroître le déficit et réduire la capacité de l’État, sans relancer véritablement l’économie.
Les investissements dans les infrastructures (11,8 milliards en 2 ans) sont pour nous préférables pour relancer l’économie, mais il aurait fallu en faire plus, en réduisant nommément la contribution exigée (8,9 milliards) et en investissant plus vigoureusement dans le transport en commun et dans les sources d’énergie vraiment durables. De même des subventions directes pour la rénovation éco-énergétique des logements, et pour la rénovation des logements plus anciens nous apparaissent préférables au crédit d’impôt actuellement offert pour la rénovation.
Nous considérons souhaitable d’investir dans la formation des chômeurs mais il faudrait prioritairement améliorer l’accessibilité à l’assurance chômage (seulement 40% des cotisants à l’assurance-chômage y sont admissibles) et hausser les taux de prestation (de 55% à au moins 60%) pour permettre aux chômeurs de mieux faire face à la situation économique et assurer leurs besoins de base. De même le fédéral doit investir à long terme dans la réduction de la pauvreté, phénomène qui croît en période de récession économique, en investissant nommément dans la construction de nouveaux logements sociaux (au lieu de ne soutenir que la rénovation).
Le plafonnement de la péréquation, qui privera le Québec de près de 3 milliards dans les deux prochaines années, nous apparaît inéquitable, de même les mesures d’aide, relativement faibles à comparer à l’aide accordée au secteur de l’automobile (plus de 3 milliards $), au secteur de la foresterie (170 M$) et aux communautés affectées par les fermetures d’usine (1 milliard$) sont nettement insuffisantes pour le Québec.
Enfin nous considérons que suspendre le règlement de l’équité salariale est inéquitable et ne devrait pas faire partie d’un budget socialement responsable.
ACEF de Québec (Tél. : 418-522-1568)
Hélène Gagnon
Richard Dagenais
Texte créé le 2009-02-06 14:12:41



